Aca de Ciney: La rencontre d'artistes

  • à la découverte de :

    PETER DOIG

    Peter Doig grandit à Trinidad et, à partir de 1966, au Canada. À 19 ans, il s'installe à Londres où il suit des études artistiques dans différentes écoles, d'abord à la School of Art de Wimbledon, de 1979 à 1980, puis à la St. Martin School of Art, de 1980 à 1983. Après un retour de trois ans au Canada, à Montréal, il reprend en 1989 des études à la Chelsea School of Art où il obtient une maîtrise en arts.

     

    Une exposition à la Whitechapel Art Gallery en 1991 lui vaut rapidement une reconnaissance internationale. Il est nominé pour le prix Turner en 1994.

    Il vit depuis 2002 à Trinidad, « un tournant dans sa peinture ».

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    Œuvre

    Peinture de grand format, en dehors de toute référence conceptuelle et loin d'un post-expressionnisme abstrait américain, l'œuvre de Peter Doig s'inspire des romantiques allemands, du symbolisme de Munch ou du naturalisme d'Edward Hopper.

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    Fasciné par les espaces immenses où le rapport de l’homme à la nature est constamment en jeu, Peter Doig peint souvent des lieux sauvages, indéfinis, abandonnés, que l’homme traverse, laissant un signe de sa présence : canoës vides, maisons de travailleurs saisonniers, silhouettes solitaires devant des brumes flottantes.

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    Peter Doig ne peint jamais en plein air, pour composer ses toiles il exploite des sources photographiques variées : films d’horreur, journaux, cartes postales, dépliants touristiques, pochettes de disques… Souvent, il peut mettre plusieurs années à terminer un tableau. À d'autres occasions, il reprendra le même thème pour le traiter différemment.

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    S’appuyant sur un travail de la matière - jeu de textures, teintes pures et mélangées, effets de solarisation, halo, mises au point vagabondes -, ses œuvres échappent à une lecture univoque. Elles préconisent toujours une distance face au sujet. Les paysages sont noyés dans la nuit ou dans des halos de lumière et de brume, papillonnement des flocons ou des étoiles, labyrinthe des branches, reflets dans l’eau : il n’y a aucun rendu descriptif dans ces vues, Peter Doig peint des atmosphères, des contextes marqués par le malaise de l'homme réduit à l’étonnement et le trouble face à une nature idyllique où sa place ne va plus complètement de soi.

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  • Diane Arbus

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    Diane Arbus (1923-1971) a révolutionné l’art de la photographie. L’audace de sa thématique, aussi bien que son approche photographique ont donné naissance à une œuvre souvent choquante par sa pureté, par cette inébranlable célébration des choses telles qu’elles sont. Par son talent à rendre étrange ce que nous considérons comme extrêmement familier, mais aussi à dévoiler le familier à l’intérieur de l’exotique, la photographe ouvre de nouvelles perspectives à la compréhension que nous avons de nous-mêmes. Arbus puise l’essentiel de son inspiration dans la ville de New York, qu’elle arpente à la fois comme un territoire connu et une terre étrangère, photographiant tous ces êtres qu’elle découvre dans les années 1950 et 1960. La photographie qu’elle pratique est de celle qui se confronte aux faits. Cette anthropologie contemporaine – portraits de couples, d’enfants, de forains, de nudistes, de familles des classes moyennes, de travestis, de zélateurs, d’excentriques ou de célébrités – correspond à une allégorie de l’expérience humaine, une exploration de la relation entre apparence et identité, illusion et croyance, théâtre et réalité. Les premières œuvres déjà témoignent de la sensibilité particulière d’Arbus, au travers de l’expression d’un visage, de la posture d’un corps, du type de lumière ou de la présence particulière des objets dans une pièce ou dans un paysage. Animés par la relation singulière que tisse la photographe avec son sujet, tous ces éléments se conjuguent pour inviter le spectateur à une rencontre véritablement intime.

     

     

  • découvrez:

                                            

    à la rencontre de 3 artistes anglais...

    Nous avons la chance de feuilleter 3 livres à l'atelier, trois artistes anglais:

    Victoria Crowe

    découvrez son site personnel: ICI

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    Kurt Jackson (born 1961)

     

    découvrez son site personnel:ICI

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    Joan Eardley (18 May 1921 – 16 August 1963)

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    découvrez un diaporama personnel: ICI

  • La 54è Biennale de Venise en 2011

     

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    La Biennale de Venise est à l'art ce que le Festival de Cannes est au cinéma. Un rendez-vous obligé des nations (Boltanski en sourdine au pavillon français), soit un menu de banquet roboratif: un record de 89 pays représentés cette année, dont Haïti, l'Arabie saoudite et l'Irak, 28 pavillons per­manents aux Giardini qui ont offert ­souvent le meilleur de ce cru 2011 (le ­labyrinthe de Mike Nelson au pavillon anglais, le délire scotché et futuriste de Thomas Hirschhorn au pavillon suisse, les péchés capitaux d'Angel Vergara au pavillon belge). Plus une longue liste d'événements collatéraux, sorte de festival off sur la lagune aux performances extrêmes («Le festin de Chun-Te Hsieh», ovni de Taïpeh entre gastronomie, sexe et fantômes) et opéras de l'art, sidérants par leurs moyens sonnants et trébuchants : la palme d'or va à la Fondation Prada, ode à l'Italie des palazzi, au goût de ses collectionneurs et à ses artistes, de Fontana à l'insolent Francesco Vezzoli.

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    Mais Venise, c'est d'abord les JO de l'art. Soit l'air du temps capturé et transformé par ces êtres à part que sont les artistes. Un test des idées et un arrêt sur image attendu, via l'exposition réalisée cette année par la commissaire de la Biennale, la Suisse Bice Curiger. Un flop, d'avis unanime, Suisses exceptés, que ce «jus de crâne» froid et décousu, hormis The Clock, de Christian Marclay et les monstres post-nucléaires en béton de l'Argentin Adrian Villar Rojas. La preuve qu'une grande rédactrice en chef ne fait pas forcément une grande exposition. Le lion d'or décerné à un mort a achevé de refroidir les élans pourtant pleins de promesses un peu partout. N'y a-t-il pas un artiste vivant dans la salle?

     

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    le temps arrêté comme dans un songe par Hans Op De Beeck dans One of a Thousand Ways to Defeat ­Entropy

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     tout au bout de l'Arsenal, Urs Fischer et ses statues en cire comme des chandelles.

    Information

    Exhibition venues
    Venice: Giardini and Arsenale (4 June > 27 November 2011)
    Opening hours: 10 a.m. to 6 p.m.
    Closed on Mondays (except Monday 31 October and 21 November, 2011)
     
    Ticket offices
    Giardini / Arsenale (Tana, Vergini)
    Ca’ Giustinian (S. Marco 1364/A)
     
    Web sites
    www.labiennale.org - www.labiennalechannel.org
     
    How to get to the exhibition venues
    from Piazzale Roma / Railway Station:
    to Arsenale: lines ACTV 1, 41
    to Giardini: lines ACTV 1, 2, 41, 51, 61 (from Piazzale Roma only)

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    installation d'un des finalistes de l'Académie italienne

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    Pavillon du Japon, aux Giardini

    L'oeuvre que j'ai préférée:

    Full screening of The Clock by Christian Marclay

      

    The Clock (2010) is a 24-hour film made out of more than one thousand film clips. Each clip contains a visual, verbal or sound reference to passing time. Narrated time and real time coincide because every indication of time in the film corresponds to the actual time at the moment. The Swiss-American artist, born in 1955, explains the origin of this project that took him three years to complete: “I wondered if it was possible to put together a film based on fragments of other films which have an explicit reference to time, a clock, a phrase, the indication of time of departure or arrival, and this over the space of an entire day, from one minute after midnight to the following midnight. The idea appealed to me and I started working on it”. Acclaimed by international critics and appreciated by the visitors to the exhibition, The Clock is a celebration of film imagery, a meditation on story-telling and the expression of the post-modern simultaneity of present and past. For the international Jury of the 54th Exhibition, chaired by Hassan Khan, “Marclay has over the past 30 years made the boundaries between artistic forms and genres irrelevant. The Clock is definitely a masterpiece”.

     

    (Marco Sabadin/Vision/Palazzo Grassi)
    (Marco Sabadin/Vision/Palazzo Grassi)

     

    Maurizio Cattelan, humour à l'italienne

    En bonne guest-star, cet as de l'ironie mordante et du gag visuel est partout. À la Fondation Prada (Santa Croce), son autruche plonge la tête dans le sol. Au Palazzo Grassi, il dort avec son double, délirants autoportraits. Aux Giardini, dans le pavillon international de l'Italie, il a disposé des centaines de pigeons au-dessus des cimaises et des visiteurs. Il voulait poster ces parodies des «collectionneurs» dans la galerie des Glaces à Versailles…

     

    Joana Vasconcelos.
    Joana Vasconcelos. Crédits photo : Marco Sabadin/AFP

     

    Joana vasconcelos , la guerre en dentelles

    On peut détester le crochet, les napperons, les rubans roses et les masques vénitiens à plumes et à paillettes. On peut difficilement résister à cette Portugaise fine mouche. Joana la guerrière brasse le plus populaire de son pays, en sort une pieuvre multicolore qui part à l'assaut du Palazzo Grassi, avant de s'attaquer à Monaco en juillet et à Versailles en 2012. Humour décalé et tendre, conscience politique et Contamination réussie de l'espace.

     

     

    Barry X Ball, l'histoire de l'art en 3D

    Il y a de l'alchimiste et de l'illusionniste chez cet Américain qui se passionne pour l'âge d'or de la sculpture européenne (à voir Ca'Rezzonico). Après moult palabres, il a obtenu de scanner les chefs-d'œuvre des musées. Il les déforme sur ordinateur, fait sculpter un bloc de pierre rare d'après la version 3D finale. Polissage, finitions de folie, le résultat étonnant, parfois à la limite du kitsch, demande entre 1500 et 3000 heures de travail manuel.

     

    (EPA/MAXPPP)
    (EPA/MAXPPP)

     

    Sigalit Landau, la guerre et de la paix

    Petit bout de femme opiniâtre, cette native de Jérusalem puise dans la géomorphologie de sa terre promise pour créer l'événement aux Giardini. Le pavillon d'Israël est un barrage avec l'eau de Venise en circuit fermé ! Barbelés, filets de pêche, souliers trempés dans la mer Morte, transformés en statues de sel. Vidéos en forme de contes où les sirènes s'agrippent en vain au sable du rivage, sont reprises par la vague trop grande pour l'être humain. Métaphore sur le territoire, l'appartenance et la culture de chacun.

     

    (Pat Verbruggen)
    (Pat Verbruggen)

     

    Jan Fabre, l'ego cathédrale

    Mélange de candeur, de forfanterie et de provocation (mémorable Avignon !), ce Flamand a la folie des grandeurs. Il faut lui rendre justice : elle s'accorde bien avec le cadre majestueux de la Scuola Grande della Misericordia (Cannaregio). Sur l'estrade à la feuille d'or, le visiteur en patins de feutre piétine jusqu'à sa Pietà de marbre : il est le Christ, citadin en costume envahi de papillons et d'escargots ; la mort à la face creuse le tient dans ses bras. Vanitas vanitatum.

     

     

    David Goldblatt, scènes de crime

    L'œil de ce Sud-Africain né en 1930 dans le Transvaal est proche du Jugement dernier. Qu'est-ce qu'un criminel dans le contexte de l'apartheid, des ghettos, de la pauvreté violente, des prisons inhumaines ? Ses photos et leurs légendes vous hantent. La Polonaise Monika Sosnowska lui a dessiné une «Artechamber» en étoile, suite d'impasses au papier peint faussement rassurant, prison banale au sein du pavillon international italien (Giardini).

     

     

    Hajnal Németh, l'opéra de l'art

    Derrière la façade à la mosaïque or du pavillon hongrois (aux Giardini), le premier réflexe est un recul. Une voiture accidentée noire vous attend comme un banal guet-apens contemporain. Encore? Erreur ! Sur des pupitres, les procès-verbaux d'accidents sont devenus un livret binaire, jeu de questions où les réponses sont toujours oui ou non. Plus loin, une vidéo étrange: un couple chante ce texte de toute sa maestria. C'est vif, émouvant, drôle, prenant, bluffant.

     

    L'installation de Christoph Schlingensief. (Luigi Costantini/AP)
    L'installation de Christoph Schlingensief. (Luigi Costantini/AP)

     

    Christoph Schlingensief, la mort du rebelle

    Le pavillon allemand aux Giardini a partagé les avis. Et le lion d'or, pressenti par Yves Aupetitallot (Le Magasin, Grenoble), n'a rien calmé. Contesté ou vénéré, ce diable d'homme, qui scandalisa Bayreuth en 2004 avec sa mise en scène de Parsifal de Wagner, devait transformer le lieu en plaidoyer choc contre le racisme. Mort l'été dernier d'un cancer, cet «enragé génial» est canonisé ici avec ses vidéos, photos, décors, costumes et autres blasphèmes saisissants.

     

    (Todd-White Art Photography)
    (Todd-White Art Photography)

     

    Christian Marclay, l'œuvre du temps

    Moment béni que celui où, épuisé par l'Arsenal, on s'effondre à la Corderie dans un des canapés blancs face à l'écran. Une horloge, un cadran, des images très connues, volées à Hitchcock, Pasolini, Fellini, Truffaut, mais aussi à une foule de séries B anglaises, américaines, allemandes. Un autre cadran, l'heure a changé. Il faut un certain temps pour réaliser que le temps du film est aussi le vôtre et que The Clock du Californien Christian Marclay suit votre journée, minute après minute. Impossible de se lasser, le fil du souvenir vous tient en haleine. Un lion d'or pour le meilleur artiste mérité, sans aucune discussion !

     


     

    DSC_0663.JPGL'ambition de Christian Boltanski pour la Biennale de Venise

    Après avoir recréé l'horreur de la Shoah avec l'expo «Monumenta» au Grand Palais en 2010, l'artiste d'ascendance corse et ashkénaze opte pour la vie avec son projet «Chance» qui représentera la France à la Biennale de Venise, à partir du 1er juin. Il promet «un pavillon très lumineux, ouvert sur l'extérieur, ludique». Devant le scepticisme de l'assistance, réunie vendredi par son mécène Citroën, il a expliqué: «Si l'on pense que je n'ai pas d'humour dans mon travail, c'est un tort. Mon installation à Venise aura un petit côté Tim Burton, dans la veine de Charlie et la chocolaterie. Sauf qu'ici, ce sera une fabrique de bébés ! J'ai en stock 600 photos de bébés polonais, spécialement vilains, comme tous les bébés d'un jour, piochés depuis neuf ans dans La Gazette de Varsovie. L'ordinateur mettra un peu d'aléatoire là-dedans, comme la vie, le hasard et le destin.»
    » Le jeu Boltanski
    » Pour en savoir plus : www.venise.pavillonfrancais.com