• Gerard Richter

    « L'art est la plus haute forme de l'espoir »

    Après une formation à l'académie des Beaux-Arts de Dresde et un grand intérêt pour la peinture abstraite, Gerhard Richter part en 1961 pour Düsseldorf afin de s'inscrire à la Kunstakademie. Faisant alors des rencontres déterminantes - Sigmar Polke, Blinky Palermo, Konrad Fischer-Lueg -, il s'interroge sur les courants de pensées de son époque - capitalisme, communisme - et commence à peindre des toiles inspirées de photographies.

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    S'adonnant dès lors à la figuration et à sa chère abstraction, l'artiste utilise le hasard, laisse se produire l'imprévisible et, en confrontant les deux techniques picturales, questionne les principes, limites et possibilités de la peinture. Si les années 1980 font davantage appel au lyrisme via couleurs et gestes (' Faust', 'Vögel'), les créations suivantes sont plus matérielles, rugueuses et dynamiques (' Blau', 'Fels'). Fidèle à lui-même, Richter travaille son réalisme (' Schädel', 'Chinon', 'Rosen'), puis prend par la suite le reflet pour sujet (' Spiegel', 'Grau hinter Glas').

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    S'imposant finalement comme un artiste tant protéiforme qu'intrigant, celui-ci voit sa vie ponctuée de multiples récompenses et expositions dans le monde entier. Réinventant la peinture depuis des années, s'interrogeant sans cesse sur la représentation, le réel et la couleur, Gerhard Richter exerce désormais l'activité de professeur dans plusieurs écoles d'Art tout en vivant à Cologne.

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  • Monolo Valdès

    Manolo Valdés a commencé sa carrière au sein de l’un des groupes les plus importants du Pop Art espagnol : « Equipo Crónica ». Ce mouvement prônait la réutilisation de toute une série d’éléments de l’Histoire de l’Art.

    En 1982, Valdés entre dans sa période de « révision artistique ». Il travaille ardemment ses supports et s’intéresse davantage au collage et à l’utilisation du papier. Son approche se veut à la fois immatérielle et constructive. À la grande époque du « criticisme formaliste » et de l’abstraction informelle ou expressionniste, Valdés s’engage dans une recherche personnelle de figuration. Son réalisme figuratif préconise une lisibilité picturale à laquelle s’oppose l’expressionnisme abstrait. En fait il propose une figuration stérilisée, dépourvue de sa propre trame.

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    L’oeuvre plastique de Manolo Valdés rassemble divers matériaux. Le tissu, le bois, sont conjugués pour s’incarner en une image traditionnellement associée à un autre contexte. Tel un couturier, il donne forme à sa matière en imitant une réalité préexistante ; Platon en faisait autant avec les idées. Il ne s’agit point d’une réalité quotidienne, anecdotique ou banale, mais d’une union compacte de lumière et de couleurs, d’images et de formes déjà révélées par d’autres, qu’il transforme avec talent.

    Valdés s’empare des images de la caverne de Platon : autant de formes, de couleurs et de textures, que de composants esthétiques purs d’une œuvre plastique. Jouant le rôle d’un cordonnier prodigieux, il modifie le regard généralement porté sur l’Histoire de l’Art et agence sa propre vitrine, son monde panthéiste. Sa magie consiste à manipuler les icônes du Titien, de Matisse, Rembrandt et Manet, via la décontextualisation et sa faculté de réactivation des chefs-d’œuvre.

    Sa sculpture gagne en visibilité lorsqu’il réalise, en 1999, une commande pour la ville de Bilbao. Par ailleurs, il participe à un grand projet autour de la figure de la Dama de Elche pour un parc de la ville de Valence (Espagne), dont la première esquisse à grande échelle est exposée en 2002 sur Park Avenue à New York. En 2000, Menina, une sculpture de onze tonnes et haute de sept mètres, est inaugurée à Madrid. Plus tard, Monte-Carlo, Munich, Bilbao et Biarritz, entre autres, abritent également des sculptures de Valdés.

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    Découvrir l’esthétique et la philosophie de l’art de ce maître. Valdés s’est imprégné de diverses sensibilités, afin de créer la sienne ; son œuvre s’est construite comme on construit un radeau qui s’apprête à voguer sur les eaux de l’Histoire de l’Art. Cette mémoire faite de détails réactualise les grandes images du passé. Non seulement la démarche esthétique de Valdés est l’une des plus riches d’Espagne, mais elle est aussi l’une des plus réfléchies et authentiques de toute l’Histoire de l’Art.

    Beaucoup de ses toiles ont une texture assez extraordinaire : toiles de jute repliées, recousues, badigeonnées de bitume, de pigments, surchargées de masses de peinture, comme une blessure, un goitre. Valdès se bat avec la toile, la crève, la repousse, et les cicatrices du combat sont bien visibles. Parmi les plus impressionnantes, un Christ en croix, une grande toile titrée Compositions et un éventail fait de bandes de tissu cousues entre elles, d’un bleu céleste. Aussi, de nombreux portraits de femmes, le visage coupé par une ligne médiane, évoquant ici Matisse, là Picasso.
    Les œuvres de Valdès invitent au toucher...

  • Luis Caballero

    " Dieu est homme, l'érotisme est sa religion "  

    Si la relation avec l'oeuvre de Goya et de Michel-Ange semble la plus évidente, c'est à Grünewald que Caballero voue sa plus grande admiration, considérant "La Crucifixion" (Musée de Colmar) comme un des grands chefs-d'oeuvre de la peinture. Ces images émouvantes, poignantes, qui parlent tant aux sens qu'à la raison lui offrent le meilleur exutoire face à une peinture moderne devenue trop limitée par son niveau de lecture restreint.
    Caballero, favorisé par une capacité de perception hors du commun et une habileté technique indéniable, estime que l'on ne peut réaliser une envie qu'en fonction de ses connaissances; le public l'admet en musique, par exemple, pourquoi se laisse t-il mystifier en peinture? N'imaginons pas Caballero déçu ou tourné vers le passé; il a choisi, voici près de quinze ans, d'installer son atelier à Paris en estimant qu'un peintre devrait vivre dans un lieu de bouillonnement artistique et d'échanges. Le chaudron s'étant déplacé a New York il attend que l'espagnol soit devenu la langue officielle et que le racisme artistique, qui n'existe pas en Europe, ait disparu pour s'y rendre. Il continuera cependant a façonner des êtres, à "fabriquer cette personne que je voudrais posséder et que je n'ai pas".

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    Sans titre VI". 195 x 125 cm.

    Luis Caballero est né à Bogota, Colombie, le 27 août 1943. A partir de 1966, il expose en Colombie, Espagne, Venezuela, Etats-Unis, France, Mexique, Belgique, Suisse, Luxembourg, Canada et Hollande. En 1968, il s'installe à Paris, où il établit son atelier. Il meurt à Bogota, à 42 ans, le 19 juin 1996.

    Caballero associera toujours l'érotisme et la religion. Au commencement étaient les bons pères, qui lui ont inculqué ce sentiment de faute, de culpabilité vis-a-vis de l'érotisme, puis, l'idée de péché, de fruit défendu, qui rompait radicalement avec les civilisations précédentes, a pu créer le plaisir. Ces images religieuses, résolument visuelles l'obséderont toujours: "J'aimerais pouvoir éprouver devant les images que je crée a présent ce même sentiment de désir et d'adoration que je ressentais, petit enfant, dans les églises. La Crucifixion, la Pieta, la Descente de la Croix, le Corps gisant. Quoi d'autre? Ces thèmes éternels ont toujours permis d'exprimer toute la passion, toute l'angoisse et tout le drame de la relation entre deux êtres humains."

  • Papetti

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    Présentation

    Le peintre italien Alessandro Papetti est né à Milan en 1958. Après des études classiques, il décide d'être peintre et ses premières expositions personnelles le feront connaître dans sa ville natale de 1980 à 1986. Il est assez vite remarqué par la critique qui lui consacre des articles puis des catalogues et des livres. Ses recherches réalistes se concentrent sur les traces laissées par le temps à l'atelier, sur les chantiers maritimes où dans des usines désaffectées (Fiat). A partir de 1992, il approfondira ce thème de l'archéologie industrielle.

    C'est dans cet esprit qu'il réalise en 2004, une série de grandes toiles sur l'île Seguin, siège mythique des usines Renault à Billancourt (chaînes de montage, turbines.. .). Il a été le dernier peintre à pouvoir pénétrer sur l'île emblématique : son travail puissant et évocateur sera présenté dans la nef de l'espace Landowski et au musée des Années 30 qui lui a acheté deux grandes toiles, témoignage de son passage dans cette forteresse ouvrière de Billancourt.

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    découvrez les oeuvres de Papetti:

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