• Une nouvelle série de rencontres...

    Morandi

    nat

    Giorgio Morandi ne peut être clairement identifié à une école de peinture spécifique. L’œuvre de Cézanne représente son influence majeure : il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleur. L’artiste développe une approche intime de l’art. Guidé par une sensibilité formelle d’un grand raffinement, il donne à ses paysages et à ses natures mortes une subtilité délicatesse de ton et de dessin, suscitant chez le spectateur un mode contemplatif.

    01

    Les natures mortes sont la partie la plus importante de l'œuvre de Giorgio Morandi. Elles représentent des objets ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets sont facilement identifiables de toiles en toiles ; ceux sont les moulages en plâtre de bouteilles, d'un cube, d'un entonnoir auxquels vient se mêler à l'occasion un coquillage ou un fruit.

    069

     

    Le positionnement des objets dans le cadre est fait avec un soin particulier porté sur la géométrisation de l'espace ou se lit : carrés, diagonales remarquables.Un lent travail de maturation est alors mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleur faits d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose.

    049

    L'œuvre au premier coup d'œil peut paraître blanche, comme fané mais de tableau en tableau on trouve une forme de coloration étonnante avec un toucher particulier. Morandi a la réputation d'avoir broyé lui-même ses couleurs.

    059

    Découvrez également les pages précédentes, d'autres rencontres...un clic sur "page précédente"

     

    Anselm Kiefer:

    Anselm Kiefer nait sous les bombardements et grandit au milieu des ruines, dans la région frontalière du lac de Constance et de la Forêt-Noire aux confins de la Suisse, l'Autriche et surtout de la France, dont la culture l'influença dès lors[1].

    kiefer

    Il a tout d'abord étudié le droit, la littérature et la linguistique, avant de s'orienter vers l'art en fréquentant en 1966 les académies de Fribourg-en-Brisgau, Karlsruhe et Düsseldorf[2]. En 1969 il se rend célèbre dans le milieu artistique en se prenant en photo, faisant le salut nazi dans de grandes villes d'Europe. Sa volonté est de réveiller les consciences en affirmant que le nazisme n'est pas mort mais que le sujet reste occulté : « Étudiant en droit j'avais des professeurs brillants et fascistes. À l'école le sujet était évoqué pendant deux semaines. À la maison on ne l'évoquait pas ».

    anselm_kiefer_der_nibelungenleid.1202129524

    Il étudia également de 1970 à 1972 avec Joseph Beuys à la KunstakademieDüsseldorf, et devient un des plus importants artistes allemands de l'après-guerre.

    kieffer02

    Dans les années 1980, Kieffer travaillait à Buchen dans le Bade-Wurtemberg. Depuis 1993 Anselm Kiefer habite et travaille en France à Barjac (Gard), où il a transformé une friche industrielle en un atelier de 35 hectares, appelé La Ribaute.

    à lire: Anselm Kiefer par Daniel Arasse. Ed. du Regard,


    L'œuvre d'Anselm Kiefer démarre sur une interrogation capitale: comment, après l'Holocauste, être un artiste qui s'inscrit dans la tradition allemande? Ce travail existentiel de mémoire - et de deuil - s'est élargi d'une quête spirituelle nourrie de grands mythes et de mystique kabbalistique. Pétri de culture, il mêle peinture, photographie, livres et sculptures. Cette première monographie, signée par l'historien de l'art Daniel Arasse, explore l'univers labyrinthique de l'artiste germanique.

    celankiefer

    Anselm Kiefer est sans doute l’artiste contemporain qui a le plus durablement interrogé la crise de la représentation après le nazisme et la Shoah. L’une des réponses qu’il apporte à cette crise est la lecture de la poésie de Paul Celan. Ce livre retrace le parcours de cette rencontre exceptionnelle, évalue ses enjeux et en sonde les résonances. Il montre comment le lien entre le peintre et la poésie celanienne, d’abord extrêmement ténu, se consolide pendant plus de 25 ans, pour venir s’affirmer pleinement dans la série de travaux dédiée à Paul Celan en 2005/2006. Au début de sa carrière d’artiste, le jeune Kiefer se confronte à l’iconographie de ses pères, encombrée par les mythes et la tradition héroïque, abîmée par les idéologies chauvines et la propagande nazie. Il se livre d’abord à un travail solitaire, de critique et de deuil, puis trouve en la poésie de Paul Celan le modèle d’un deuil éthique, où les fantasmes durables liés au nazisme sont déconstruits par la connaissance critique de leur construction culturelle.

    k_Atrio_Kiefer-e914e

    Dans ce travail de deuil qui nécessite une vision « géologique », verticale, de l’Histoire, les secrets, les affects et les passions ne sont pas simplement écartés, bien au contraire : Kiefer et Celan ont en commun une certaine forme d’amour-haine, obsessif et emphatique, pour la tradition culturelle allemande, et c’est en représentant ces sentiments contradictoires que la poésie de recherche de Celan et la recherche picturale de Kiefer parviennent à reconquérir toute l’intensité de leur art. Le don de mémoire de Celan à Kiefer n’a rien d’unilatéral. Dans les limites de ses moyens artistiques, Kiefer se livre à un véritable travail d’interprétation de la Célanie, et parvient même à corriger certaines altérations de la réception. Il ne se contente pas simplement d’éplucher l’héritage culturel allemand, mais le reformule en profondeur en retournant aux sources juives pour les inscrire au sein même de l’iconographie allemande et sauver ainsi la complémentarité conflictuelle des mémoires. Au-delà des échos thématiques et structurels qu’il donne à certains vers de Celan, Kiefer isole la qualité proprement mémotechnique de certains matériaux celaniens et les recycle dans son propre réseau de références. Enfin, la perception d’un retrait du sens après la Shoah est recueillie dans l’oeuvre kieferienne même, dans ses refus, ses replis et ses ellipses. Andréa Lauterwein , née à Zurich en 1969, a fait sa thèse de doctorat sur Paul Celan et Anselm Kiefer. Elle est l’auteur de Essai sur la Mémoire de la Shoah en Allemagne fédérale et de Paul Celan.

    bibliographies d'Anselm Kiefer:

    http://www.editions-du-regard.com/regard/plastiques.html

    arton128

    Miquel Barceló

    Miquel Barceló, né à Félanitx, sur l'île espagnole de Majorque aux Baléares, le 8 janvier 1957, est un artiste espagnol catalan. Depuis quelques années, Miquel Barceló vit et travaille en alternance à Majorque, à Paris, et au Mali[1].

    2709

    Miquel Barceló, est le fils d'un peintre paysagiste. Il est diplômé de l'école des Arts décoratifs de Palma de Majorque en 1973, et commence, en 1974, l'école des Beaux-arts de Barcelone qu'il ne finira jamais. À la même période, il fait son premier voyage à Paris, où il découvre l'art brut qui sera sa première source d'inspiration artistique. De retour à Majorque en 1975, il crée un collectif conceptuel appelé Taller Lunátic, co-fonde la revue Neon Suro[1].

    1464

    Il entame alors sa carrière artistique internationale en participant à l'exposition Documenta de Cassel en 1982. À partir de cette date Barceló est reconnu comme une valeur sûre de l'art contemporain, classé dans le nouveau courant de "jeunes sauvages". En 1988 il réalise son premier voyage en Afrique, au Mali en pays dogon, qui marquera un tournant majeur dans sa vie et son œuvre, comme ses carnets de voyage et ses aquarelles le reflètent.

    1495

    Miquel Barceló est devenu au cours des années 1980-1990, le représentant le plus importante de l'art espagnol contemporain et l'artiste espagnol vivant avec la plus grande projection internationale[1].

    Les œuvres de Miquel Barceló sont présentes dans les collections les plus prestigieuses et dans les musées les plus importants du monde, dont le centre Pompidou à Paris qui lui consacra une rétrospective important en 1996.

    Il est lauréat du Prix national d'Arts plastiques d'Espagne et du Prix Prince des Asturies pour les Arts en 2003.

    1295b2

    JePortrait de Atlan J-Michelan-Michel ATLAN

    Jean-Michel ATLAN (1913-1960)est un peintre français, né à Constantine (Algérie).

    Venu à Paris à dix-sept ans pour étudier la philosophie, il se passionne aussi et même surtout pour la politique et la peinture. Professeur dans les lycées de province, il est relevé de ses fonctions, en 1940, par le gouvernement de Vichy en application des lois anti-juives. Passé à la Résistance, il est arrêté en 1942 par les nazis. Il réussit néanmoins à éviter la déportation en se faisant passer pour fou et est interné à Sainte-Anne. Il s’y consacre à la peinture et, au lendemain de la Libération, expose pour la première fois à la Galerie Arc-en-Ciel en 1944. . Excellent dessinateur, il a beaucoup pratiqué le pastel. Son oeuvre se place un peu en marge de l’expressionnisme abstrait. Bien qu’il ait côtoyé le mouvement Cobra, sa courte carrière fut très personnelle.


    atlan

    Des rythmes plus ou moins répétitifs engendrent sur ses toiles des formes que lui-même qualifiait de “ magiques ”, traitées en teintes vives d’abord, veloutées plus tard et souvent cernées d’un large trait noir (La KahenaI, 1958, Musée national d’Art moderne, Paris). Malgré leur structure équilibrée, on y sent la tension créatrice de l’artiste, qui faisait appel, pour se définir, à cette phrase de Sade: “ On eut dit que la nature, ennuyée de ses ouvrages, fût prête à confondre tous les éléments pour les contraindre à des formes nouvelles ”.

    Jean-Michel Atlan, bien que proche de l’Abstraction Lyrique, se veut avant tout « inclassable ». Il peint les formes qui l’ont « pris aux entrailles » et veut montrer le rythme de la vie. Des contours noirs, épais, « une grosse trainée sortie du tube » cernent des tâches de couleur qui semblent danser. Sa peinture, qu’il définit comme « chargée inconsciemment d’un certain pouvoir affectif », évoque une nature primitive, des végétaux, des formes « érotiques, magiques ou mystiques ». Il défend, loin de tout dogmatisme, un travail existentiel, produit d’une imagination vivante, d’une humanité. Le philosophe Emmanuel Lévinas disait de lui qu’il prêtait
    « un mode d’existence nouveau, métabiologique et méthaphysique à cette vie plus vivante que la vie attentive à ses propres reflets dans le peint. » Ami de Gaston Bachelard, de Jean Paulhan, de Gertrude Stein, il occupe une place importante dans le monde artistique et intellectuel de l’après-guerre.

    Retiré en 1958 à Villiers-sur-Thonon (Yonne), Jean-Michel Atlan meurt deux ans plus tard, emporté par un cancer foudroyant en 1960 à Paris.


    Bibliographie : A.Verdet, Atlan, Le Musée de Poche, Paris, 1956 ; M.Ragon, Atlan, Georges Fall, Paris, 1962 ; B. Dorival, Atlan, Tisné, Paris, 1962 ; Rétrospective Atlan, MNAM, Paris, 1963 ; Rétrospective Atlan, musée de Tel Aviv, 1964 ; Atlan, MNAM, Paris, 1980 ; H.C. Cousseau, Atlan, musée des Beaux-Arts, Nantes, 1986 ; Atlan, premières périodes, 1940-1954, catalogue raisonné, Adam Biro, Paris, 1989 ; J.Polieri, Atlan-Catalogue raisonné, Gallimard, Paris, 1996.

    Affiche d'exposition Atlan J-MichelAtlan J-Michel dans son atelierune forme ne m'intéresse que l'orsque j'ai réussi à la faire vivre......jean-michel atlan

    Le groupe Cobra

    Arts plastiques dans les années 50
    Modification-COBRA-1949.jpg
    Modification - Cobra 1949 - Constant, Appel, Corneille, Nyholm, base de Richard Mortensen

    Pour approfondir le sujet

    >> Site du Cobra Museum
    >> art-maniac.over-blog.com
    >> Cobra de W. Stokvis (lien Alapage)

     

     
     
    "Nous avons déclenché une sorte de guerre. On nous a traité d'anarchistes, de conspirateurs, de bolcheviks, de communistes (...)...mais notre combat était un combat artistique" Corneille

    Cobra ou CoBrA est un mouvement artistique né en 1948 et dissout en 1951. Il est un mouvement artistique né en réaction à la "querelle absurde" entre l'abstraction et la figuration. Son nom est l'acronyme de "Copenhague, Bruxelles, Amsterdam" du nom des villes dont sont originaires les membres fondateurs.

    Le 8 novembre 1948, après l’échec d’un congrès international organisé le 5 novembre au "Centre de Documentation sur l’Art de l’Avant-garde" par quelques anciens "surréalistes révolutionnaires".
    Quatre peintres, le Danois Asger Jorn, les Hollandais Karel Appel, Corneille (Cornelis Guillaume van Beverloo) et Constant (Constant Nieuwenhuys), et deux poètes belges, Christian Dotremont et Joseph Noiret signent un texte bref, rédigé par Jorn et Dotremont, que, par référence ironique au manifeste du Surréalisme, "La cause est entendue", ils intitulent "La cause était entendue". Ils précisent clairement : "Les représentants belges, danois et hollandais à la conférence du centre International de Documentation sur l’Art d’Avant-Garde jugent que celle-ci n’a mené à rien (…). Nous voyons comme le seul chemin pour continuer l’activité internationale une collaboration organique expérimentale qui évite toute activité stérile et dogmatique". Leur mot d'ordre est : expérimenter ! La volonté de Cobra est de renouer avec l'inconscient collectif, d'en faire resurgir une autre culture, enfouie, mais authentique. Dotremont devint le grand rassembleur du mouvement naissant et, lors d’un congrès, le 20 octobre 1949, il décida d’ajouter au nom de Cobra : "Internationale des artistes expérimentaux" (I.A.E.).C’était là entériner deux grandes caractéristiques du mouvement, présentes dès sa création.
     

    lune-et-animaux.jpg

    La lune et les animaux - Asger Jorn 1950
     
    C'est très explicitement contre le rôle culturel dominant de Paris que se crée CoBrA. "Etre nordique c'est croire en soi et en tous. L'art français a été le plus important. Mais il fallait que nous, les Sacndinaves, réagissions contre ce qui était devenu le mythe parisien" Gudnason. Un grand nombre d'artistes y adhéreront : Karel Appel, Jacobsen, Pedersen, Herrup, Lucebert, Lindström et le plus connu d’entre tous, Pierre Alechinsky, mais aussi des peintres que l’on s’attend moins à trouver là, compte tenu du parcours suivi par la suite. Atlan, Doucet, Bury, Ubac, quatre peintres qui, plus tard, vont se tourner vers l’abstraction.

    Cobra rejette le réalisme, l'abstraction pure ainsi que le réalisme socialiste.
    Le réalisme est rejeté en tant qu'esthétique sclérosée, imitation servile de la nature. L'abstraction pure et géométrique (type Mondrian) est rejetée parce qu'elle rompt totalement avec le réel, parce qu'elle apparaît comme une déviation intellectualiste, trop cérébrale, vaine et désincarnée. Venus du surréalisme — donc très engagés avec le mouvement communiste —, les artistes de CoBrA rompent avec les communistes lorsque ces derniers optent pour le réalisme socialiste. Très vite, il y aura des polémiques en particulier avec"Les lettres Françaises " qui défendent ce réalisme soviétique.

     

    1949-constant-kouenaar.jpg

    Constant et Kouenaar - 1949

    corneille_1948-49.jpg

    Corneille - Eté 1948 - Au sein du désert il y a encore de la place pour jeux, 1949

    Les artistes de Cobra estimaient que l’art devait être spontané et expérimental comme l’art des enfants, une peinture et une poésie spontanées, expérimentales, combinant certaines manifestations artistiques de peuples dits primitifs et de dessins d’enfants.

    Une caractéristique essentielle de l’expérimentation chez les artistes de Cobra fut une soif d'aventures véritablement collectives et expérimentales
    qui conduisit collaboration entre peintres et écrivains, surtout poètes et aux peintures-mots ou dessins-mots créés simultanément par un peintre et un poète ou deux peintres ou deux poètes, l'anti-spécialisme et l'inter-spécialisme étant une particularité de Cobra où les peintres écrivaient et les poètes peignaient.

    La revue internationale Cobra reflète le caractère complexe et chaotique du mouvement
    elle parut d’abord avec le sous-titre "Revue internationale de l’art expérimental" qui devint par la suite "Bulletin pour la coordination des investigations artistiques", "Organe du front international des artistes expérimentaux d’avant-garde" et "revue trimestrielle de l’internationale des artistes expérimentaux". 7 numéros furent publiés. Dans tous les numéros de la revue, voisinent articles sur l’esthétique du mouvement, poèmes, photographies, lithographies...
     

    karel-appel.jpg

    Karel Appel
     

    Dotremont et Alechinsky
    dotremont_alechinsky.jpgChristian Dotremont

    Christian Dotremont (1922- 1979) participe, en 1940 aux dernières activités des surréalistes à Bruxelles. A Paris il est co-fondateur, en 1941, de "La main à la plume !" Il participe en 1947 à la fondation du Surréalisme révolutionnaire et, en 1948, à celle del Cobra. Peintre, dessinateur et poète, il entend faire la synthèse de ces moyens d'expression notamment avec ses Logogrammes. Il a côtoyé Magritte, Eluard et Picasso et travaillé en collaboration avec Colinet, Mariën et Alechinsky. Il laisse une quarantaine d'ouvrages parmi lesquels : Souvenirs d'un jeune bagnard (1941), La mathématique du ténu (1946), Le réalisme socialiste contre la révolution (1950) Typographismes (1971), J'écris donc je crée (1978).

    Joseph Noiret

    Joseph Noiret (1927) est un artiste surréaliste belge Il adhère au surréalisme révolutionnaire en 1947 quand il rencontre Christian Dotremont et cofonde avec lui CoBrA qu’il anime jusqu’à sa dissolution en 1951. En 1953, il fonde et dirige, avec Marcel Havrenne et Théodore Kœnig, la revue Phantomas dont il sera l’un des principaux animateurs (1953-1981). À partir de 1972, il crée avec Serge Vandercam des œuvres à quatre mains : collages mots, sculptures mots, gouaches.

    De 1980 à 1992, il dirige l'École nationale supérieur des Arts visuels de La Cambre (Bruxelles).
    A partir de 1992, il publie la revue L'Estaminet. Poète et critique, il a publié plusieurs recueils de poèmes.
     
     
    Le mouvement se dissout dès 1951, à cause d'une part de dissensions et de rivalités, et d'autre part de la maladie des deux promoteurs, Jorn et Dotremont. L’aventure Cobra ne dura que trois ans (1948-1951) mais il y a un avant Cobra et surtout un après Cobra aussi important, si non plus, que le pendant Cobra. "Rythme chaotique parfaitement exagéré de vrai à même la légende, et nous avons pensé en 1951 que cette légende devenait aussi fatigante et devait finir. Eh bien, c’est en proclamant la fin de cobra que nous fûmes le plus mythomanes" Dotremont. En effet, le mouvement reste vivant, au-delà même des itinéraires individuels de ses membres. Les toiles des artistes du mouvement Cobra sont aujourd'hui l'objet d'une véritable réévaluation.
     

    atlan02

    Jean-Michel Atlan

    Constant, Gallizio, Jorn - Clic pour zoomer
     
    Asger Jorn 1951 - Clic pour zoomer
     

    Asger Jorn

    Asger Jorn (1914-1973) est un peintre danois. En 1936, il est arrivé à Paris pour rejoindre l'Académie contemporaine de Fernand Léger. Pendant l'occupation nazie au Danemark, Jorn fut un communiste actif dans la résistance et participa au groupe artistique Høst.
    Après la fin de l'occupation, les possibilités de libre pensée critique dans les milieux communistes devenant plus limitées, il rompit avec le Parti communiste danois. Il fut une des fondateurs du mouvement CoBrA. En 1951, Jorn retourne, malade et désargenté, à Silkeborg, sa ville de résidence au Danemark. Il commence à s' intéresser activement à la céramique en 1953. L' année suivante, il s' installe à Albisola en Italie et participe à la création du Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste. En juillet 1957 de l'année suivante les lettristes Michèle Bernstein et Guy Debord fondèrent avec Asger Jorn et cinq autres personnes l'Internationale situationniste. Jorn a eu de multiples activités : la peinture, sa principale activité à partir de 1966, mais aussi la céramique, le collage, l' illustration de livres, la lithographie, le dessin, la tapisserie, la fresque et dans ses dernières années la sculpture.

     
    Constant - Guerre - 1951 - Clic pour zoomer
     

    Constant

    Peintre, sculpteur et architecte néerlandais, Constant Nieuwenhuys est né en 1920 à Amsterdam et n'utilisera que son prénom pour signer ses oeuvres. Après des études à l'Académie des beaux-arts d'Amsterdam, il part pour Paris où il peint («La Guerre») et cofonde le groupe Cobra (acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) qui veut revenir à la spontanéité créatrice dans les arts et les lettres. Il devient ensuite membre de l'Internationale situationniste, dont il adopte les idées mais qu'il quitte rapidement. Puis il se consacre pendant une quinzaine d'années à un projet de cité idéale, "New Babylon", où la vie échapperait aux contraintes des métropoles modernes. première ville globale à l'échelle planétaire, marquée par l'"urbanisme planétaire" de Guy Debord. Membre de l'Internationale Situationniste de 1957 à 1960, Constant conçoit New Babylon comme une alternative au fonctionnalisme prôné par les CIAM (Congrès Internationaux d'Architecture Moderne.
    Il se remettra ensuite à la peinture. Il a été invité par la Documenta 2002 de Kassel à exposer les plans et les maquettes de la New Babylon qu'il a exécutés avec ses assistants.

     


     
    Corneille - La ville joyeuse - 1949- Clic pour zoomer
     

    Corneille

    Guillaume Corneille (Cornelis Van Beverloo dit) est est peintre, graveur et sculpteur né à Liège en 1922. Après avoir participé au groupe Reflex., il est l’un des initiateurs de CoBrA avec Appel, Constant, Jorn et Dotremont.En 1949 Corneille découvre le monde Arabe et Berbère. En 1950 il s’installe définitivement à Paris. Durant quelque temps, il va pratiquer ce que l’on appellera le paysagisme abstrait Après la dislocation du groupe Cobra, Corneille revient à la figuration au début des années 1960. Impressionné par la luxuriance de la nature dans certains pays visités (Afrique, Amérique du sud, Mexique...), il retrouve le vocabulaire expressionniste et passionné de la période Cobra. "Corneille est partout : au-dedans, au-dehors; en haut, en bas; à gauche, à droite. Il est partout parce qu'il n'a jamais cru au centre et, à la différence des pigeons de son enfance liégeoise, il ne s'est pas laissé baguer. Il ne s'est laisser ni coincer, ni repérer, ni répertorier. Il est libre." Marcel Paquet
     
     
     

    Karel Appel

    Karel Appel (1921-2006) fait sa première exposition en 1946. En 1948, il participe, avec Corneille et Constant, à la création d’un groupe expérimental (Revue « Reflex ») en opposition à l’abstraction géométrique alors dominante aux Pays-Bas dans le sillage de Mondrian. Il se joint au mouvement Cobra. Appel s’installe à Paris en 1950. Il pratique alors une peinture gestuelle et matiériste, une peinture dénuée de toute référence à la réalité. Un peu plus tard, Appel se rend compte que son expression bariolée s’accommodait mal d’un vide informel, aussi son œuvre penche vers un retour vers le dessin d’enfant ou le dessin primitif, reconstituant à son propre usage un "graphisme à l’état sauvage". Appel fait maintenant allusion à la figuration, par des paysages imaginaires, des animaux indéfinis, des nus douloureux. En 1957, au cours d’un premier séjour aux Etats-Unis, Appel réalise un série de portraits de musiciens de jazz (Count Basie, Miles Davis, etc.). Suivront d’autres séries (nus, portraits, etc.) En 1964, débute son travail sur les grands reliefs polychromes, puis sur les sculptures en bois et polyester. En 1976, Appel il collabore à des peintures murales avec les habitants des bidonvilles de Lima (Pérou). Il explore la lithographie, la sculpture, le collage, la peinture murale, le vitrail et les techniques mixtes. Appel collecte des objets de rebut, déchets urbains, qu’il intègre à sa toile.

    Jean Tinguely

    « Jean dégage une énergie électrique dès qu’il rentre dans une pièce il remplit l’espace » c’est ainsi que commence le portrait de Tinguely brossé par Niki de Saint-Phalle. Quel que soit l’endroit où se manifeste sa personnalité d’artiste, on a le sentiment d’être en présence d’un tempérament dynamique et imprévisible, qui cherche l’échange, la communication, et exige de ses partenaires une faculté d’adaptation et un désir de participation permanents.

    tinguerlycroq

    Ne devrait-on pas réfléchir, en ce qui concerne Tinguely, dans le sens où le fit le Financial Times à propos de l’exposition de Venise : « Assurément tout cela est animé par plus d’un souffle démoniaque, bien que nous gardions calmement les doigts croisés… Et au-delà de toute la drôlerie de l’ensemble et du raffinement spirituel de la mécanique, on peut y découvrir une gaîté plus sombre qui s’apparente au désespoir. Ses machines fonctionnent merveilleusement bien, mais elles ne produisent rien, et c’est à nous de déchiffrer leurs messages sombres et ambigus. »

    1960_homage_468

    C’est un sculpteur qui, avant tout, utilise des matériaux de récupération auxquels il redonne vie en utilisant des moteurs pour les animer. Tinguely est maître incontestable dont l’œuvre compte parmi les manifestations les plus vivantes de la sculpture du XXe siècle.Il remet en question l’académisme de l’art. Il crée ses machines dans le contexte des « trente glorieuses » (les années d’après la deuxième guerre mondiale) et de son « culte » du progrès. Construites en partie à l'aide d'objets de récupération, les «machines» de Tinguely, consciemment imparfaites, refusent le culte de l'objet neuf produit par une société de consommation. Il est en avance sur son temps en pratiquant le recyclage. Il a su se trouver « une place écologique » dans la société pour pouvoir faire ce qui lui plaisait. Dans une société ou la machine est de plus en plus présente, il l’introduit dans l’art en montrant son aspect ludique et inutile. À l’instar de ses machines qui s’autodétruisent après trente minutes de fonctionnement, il délivre son message philosophique que dans la vie tout a une fin.

    Matisse, l'art du découpage...

    Les gouaches découpées

    à la manière de Matisse

    Trop souvent les  élèves sont insécures dans une nouvelle tâche de dessin. Ils recherchent la perfection, le résultat final sans oser explorer le mouvement, la forme ou la lumière.

    Mon intention est de les y amener en s'inspirant de l'oeuvre du grand peintre Henri Matisse.


    Matisse, l'art du découpage
    Matisse, l'art du découpage


    Format 245x285
    32 pages
    ISBN : 978-2-915710-09-0


    17 €

     

    Ces monographies d'un genre nouveau proposent aux  lecteurs une approche sensible et concrète de l'art. Chaque ouvrage aborde la vie et l'oeuvre d'un peintre de manière claire et ludique, en allant toujours à l'essentiel.

    Une partie importante du travail de Matisse a été consacrée à la technique du papier découpé. Ces « dessins aux ciseaux », gais et colorés, concentrent à merveille les éléments de base de l'œuvre de Matisse : la couleur, la ligne et la forme. Ce livre renverra sans doute les élèves à leur propre créativité, à leur propre imaginaire.


    Nicolas de Staël

    « Je sais que ma vie sera un continuel voyage sur une mer incertaine »

    Après ses études aux Beaux Arts de Bruxelles, de Staël entreprend plusieurs voyages qui le conduiront jusqu’à Marrakech. Faits d’expérimentations et d’émerveillements, ils vont confirmer sa vocation. Il en rapportera des dessins et des aquarelles mais de Staël est encore très jeune et c’est aussi le temps du doute et du questionnement : « Parfois la distance de mon travail à mes rêves me fait rire, Maman, rire de moi avec tristesse ».


      Du combat de traits à la forme couleur
     

    de la danse, 1947


    Les premières toiles de Staël sont des compositions abstraites de lignes nerveuses et géométriques. Le peintre compose souvent à partir des lignes de force d’objets concrets comme des marteaux ou des tenailles. Il structure ses peintures selon un alphabet rigoureux qu’il construit au fil de son travail.

      Qui est Nicolas de Staël ? Nicolas de Staël est né en 1914 à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique. Exilé en Pologne et orphelin très jeune il sera finalement formé à Bruxelles où il va acquérir une grande culture artistique. Il voyage ensuite en Europe et en Afrique et s’engage dans la légion étrangère. Suite à sa démobilisation, il se fixe en France, à Nice puis à Paris sous l’occupation. Après des années de travail et d’exploration de tous les genres de la peinture, il devient un artiste accompli et connaît le succès. En 1953, une dépression l’isole dans le sud de la France. Il vivra quelques mois en ermite à Antibes avant de se donner la mort.